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Pèlerinage  Notre-Dame des Trois Épis

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Homélie vigile de Pâques 2018

 

Frères et sœurs dans le Christ,

Ces femmes comme des sœurs étaient préoccupées de donner à Jésus la dignité dans la mort, leur Jésus qu’elles avaient tant apprécié quand il parlait de Dieu, tout simplement ; ce Jésus trainé dans la boue et traité comme un bandit alors qu’il leur parlait d’amour, ce Jésus méprisé par les grands de ce monde quand il leur parlait de justice, ce Fils de Dieu, ce frère des hommes abandonné par ceux qui l’avaient tant de fois applaudi quand il prêchait le pardon. Ces braves femmes voulaient l’embaumer comme un beau souvenir du temps où l’innocence suscitait la miséricorde.

Il avait combattu, et apparemment il avait perdu, vaincu par les vieilles mentalités pour qui ne comptaient que la gloire et la puissance, les honneurs et l’argent. Lui, il avait osé dans ce monde du spectacle hypocrite se montrer humble et pauvre. Mais il l’était au nom de Dieu, de l’amour des hommes, au nom de la liberté et de la fraternité. Car Jésus s’était montré un homme libre, depuis son enfance, vous vous rappelez son escapade au temple de Jérusalem quand ses parents l’avaient perdu de vue alors que lui voulait être présent à son Père, à l’essentiel de l’homme devenu un enfant, un fils pour Dieu. Par lui et avec lui.

Et la liberté, çà a un prix, le coût d’une vie. Mais Judas et les grands de ce monde avaient fait un prix, entre eux, ils s’étaient arrangés : ce prophète gênant ne valait que 30 deniers !

Jésus ne s’était pas laissé prendre par les petits jeux obscurs et les corruptions des nantis et des notables de son temps, il avait osé s’opposer à une religion de confort et à une piété somnolente, il avait pris le risque d‘être exclu et condamné. Alors, il avait été rejeté avec dégoût par ceux qui avaient fait main basse sur la vérité de Dieu. Ce monde de médiocrité avait assassiné la liberté, pourri en corruption la solidarité, ils avaient traîné dans la boue la fidélité de Jésus à son Père et sa passion d’aimer l’homme en vérité, d’aimer vraiment jusqu’au bout. Ce fut alors le chemin du Golgotha, ce que nous appelons le Vendredi saint.

Durant le sabbat Pilate avait bien dormi, il s’était tiré honorablement de cette affaire, du moins le croyait-il, Les prêtres avaient fait leur métier de gouvernants et de sacrificateurs d’animaux innocents. On pouvait passer à autre chose, la vie continuait et le soleil se levait comme d’habitude du côté du Mont des Oliviers, là où ils avaient enfin réussi à mettre la main sur ce fauteur de trouble...

Mais Madeleine, Marie et Salomé veillent, les femmes ont la fidélité du cœur.

Pilate le romain ne peut enterrer l’innocence par un décret administratif. Elles voulaient apporter un témoignage vivant d’amitié et de vérité intérieure, elles voulaient soigner Jésus dans sa mort. Tandis que Pierre et les autres, moralement détruits par ce qu’ils venaient de vivre discutaient, transis devant leur avenir.

« De bon matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil » : oui, mais le tombeau est vide, le tombeau est vide, le soleil se lève, il brille. Un temps nouveau commence. Un matin où mûrira l’Église. Jésus s’est libéré de sa mort. La paix soit avec vous. Jésus n’est pas ressuscité pour lui. Pour prouver aux autres qu’il avait eu raison de confier sa vie d’homme à Dieu, non, il reprend vie en nous, en Église. Et bien vite. Que ce soit en Galilée au bord du lac de Tibériade la patrie de ses apôtres, ou en Judée là où se retrouvent des disciples encore indécis sous le choc de la Passion, Jésus est là et annonce la paix. Lui, qui a dû affronter la violence et la haine, le combat et la chute, la trahison et l’abandon il se retrouve dans le partage du pain et la parole tenue. La paix soit avec vous. C’est là qu’il consacrera Pierre dans sa mission de roc et de repère pour servir l’unité des siens. C’est dans la résurrection du Christ, dans le vide de ses restes qu’il révèle la vie éternelle comme le ciment de l’Église et comme l’enjeu de l’avenir de ce monde.

C’est pourquoi, nous autres chrétiens nous ne sommes pas les orgueilleux de la puissance ni les maîtres de la vérité mais les témoins de la présence du Christ dans les absences et même les déguisements glorieux des princes de ce monde. Au lendemain de Pâques les apôtres et les chrétiens ne sont pas les maîtres de l’emploi du temps et de la présence de Jésus en ce monde. Ils sont les prophètes du tombeau vide. Nous demeurons frères et sœurs de ce femmes qui y découvrent la promesse du Seigneur de l’évangile : Jésus est imprévisible et nous précède au cœur de nos recherches et nos incertitudes : « allez dire à ses disciples et à Pierre : « Il vous précède en Galilée, comme il vous l’a dit. »

L’éternité de la vie éternelle ne se possède pas, elle surgit toujours, étonnante et merveilleuse au bord de nos tombeaux vides, au creux de nos mains vides, au plus profond de nos cœurs vides, là où Dieu se sent libre pour nous dégager des contraintes de ce siècle. Dans le sillage de son Fils qui a donné sa vie pour nous faire vivre nous sentons vibrer la joie de la résurrection.

 

Mgr Gérard Defois

 

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